DÉMARCHE ARTISTIQUE

Diplômé de l’école Nationale des Beaux Arts de Beyrouth, ma démarche et mes préoccupations de plasticien portent principalement sur les matériaux recyclés. C’est en 1999, alors scénographe au sein d’une troupe de théâtre de marionnettes pour enfants, je me suis lancé dans l’exploration du papier journal recyclé, qui m’a permis de développer un procédé technique consistant à transformer le papiers journal en pâte. Ce processus me permet de réaliser des sculptures de grandes tailles, robustes et surtout légères.

Ma recherche plastique est autobiographique. La notion d’identité et les rapports d’intimité avec les gens qui nous entourent et ceux qu’on a quitté, sont un point de départ de mon travail. Modeler des visages, c’est faire réapparaître les fragments de la mémoire collective et du quotidien voués à l’oubli par l’usage du papier journal que je récupère dans les stations de métro. C’est ainsi de la multitude de ces « gens de papier », de toutes ces vies tracées à l’encre noire que mes sculptures naissent.

L’usage du papier journal que je transforme en pâte se veut une alternative écologique à l’usage de la matière première et répond à l’éthique même de ma pratique : recréer le monde, recycler le quotidien et ses visages multiples à partir de ce qui existe déjà. Il ne s’agit donc pas de créer des visages « nouveaux », vierges de toute vie antérieure, mais de représenter, d’offrir une seconde fois le monde tel qu’il m’a été donné de le lire. Par cette technique, j’en viens à mêler toutes ces vies, ces histoires, je recompose et entremêle les faits divers journalistiques pour en dégager un visage témoin de tous les autres.